Angles sur l'Anglin à travers les âges...

       La vallée de l'Anglin a connu une occupation humaine depuis des périodes très reculées. Le site du Roc-aux-Sorciers, l'un des plus exceptionnels gisements d'art paléolithique connus à ce jour, témoigne de cette implantation. Les fouilles entreprises en 1947 par S. de Saint-Mathurin et D. Garrod ont révélé un très important ensemble de sculptures pariétales en bas-relief. L'occupation des lieux semble s'être étalée sur deux mille ans, du Magdalénien moyen au Magdalénien final. Le centre d'interprétation de la frise magdalénienne du Roc aux Sorciers est ouvert depuis le 21 mars 2008.

       Les Celtes, les Pictons puis les Gallo-Romains se succèdèrent dans la région, laissant derrière eux d'autres vestiges, d'un passé plus récent celui-ci, montrant une activité humaine de la pierre au fil du temps. On rencontre tout au long de la vallée dolmens, menhirs et carrières de sarcophages. Une carrière de ce type se trouve notamment dans le cimetière de Ville-Basse.

       Tout comme l'Angleterre, Angles et l'Anglin tiendraient leur nom d'une turbulente tribu saxonne, les Angles, qui participèrent avant le Ve siècle à l'invasion de la Grande-Bretagne. Charlemagne dirigea une partie de leurs descendants restés en Germanie vers les bords d'une rivière, affluent de la Gartempe, qui avait nom Angla avant de devenir Anglin.

       Au Moyen-Âge, près de soixante fiefs dépendaient de la châtellenie d'Angles.

       La Guerre de Cent Ans débute en 1340 et un traité est signé en 1360 à Brétigny. Édouard III reçoit l'Ouest et le Sud-Ouest : la région est à nouveau anglaise. Par ce traité, Guichard d'Angles doit abandonner son château. Ensuite, Charles V, assisté de Bertrand Duguesclin, met tout en œuvre pour reconquérir le terrain perdu. En 1372, Angles tombe sous la domination du chevalier, à la grande joie des Anglois qui lui font fête et réjouissances pendant plusieurs jours.
À Angles, Guillaume de Combarel d'abord, Guillaume de Charpagne ensuite, réparent et consolident le château et le village. De leur côté, les religieux de Sainte-Croix restaurent l'abbaye et encouragent les habitants d'Angles et des paroisses environnantes à réparer, construire, défricher, labourer, ensemencer. Ainsi, la vie économique de la contrée se développe. En 1481, Louis XI accorde à Angles le rétablissement des Foires de février et juillet, ainsi que le marché hebdomadaire du lundi lui décernant, pour cette raison, le titre de Cité ou Ville.

       Durant les guerres de religions, les massacres se succèdent. Angles en est victime. En 1567, l'amiral de Coligny occupe le château.
       Les garnison d'Angles, de Clairvault, de Chauvigny, de la Roche-Posay et Preuilly, sous le commandement de de l'Aunay, gouverneur de Châtellerault, participent aux opérations engagées contre les protestants commandés par Coligny.
Pendant la guerre des Trois Henri, les Ligueurs s'emparent du château d'Angles. Le châteaux et l'abbaye sont pillés et incendiés, mais Louis le Chasteigner, prenant le parti de Henri IV, qui entre temps s'est converti au catholicisme, les combat.
Soixante ans plus tard, pendant la Fronde, la France redevient le théâtre d'odieux massacres. Angles est investie et les troupes s'y livrent aux pires excès. Condé est battu à Poitiers et le duc de Roannes, gouverneur du Poitou, délivre Angles.

       De nos jours.
       Bien de la commune depuis 1986, le château est devenu le support culturel et touristique de toute une région, pour le plaisir et l'émerveillement des promeneurs de tous pays, sous la forme la plus pacifique qui soit.


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