Un millénaire de vestiges architecturaux
Un millénaire de vestiges architecturaux...
Le château
Le château a été construit vers 1025 par Gilbert, évêque de Poitiers puis fut la possession de la famille des Lusignan au début du XIIème siècle.

Au XIIIème, les Lusignan revendent la châtellenie d’Angles à Gauthier de Bruges, évêque de Poitiers.

Personnage important : Guichard d’Angle naît au château vers 1310. Pendant la guerre de cent ans, il participe à la bataille de Maupertuis en 1356 qui voit la victoire des Anglais. Par le traité de Brétigny, en 1360, il doit céder la forteresse aux Anglais. Elle est reprise par Du Guesclin en 1372.

Au début du XVème, deux évêques entreprennent de remanier la vieille forteresse. Hugues de Combarel fait édifier un logis d’habitation qui évoque déjà la Renaissance. Le souci d’agrément commence à primer sur le souci de défense. Il modifie aussi le vieux donjon et signe son œuvre en y apposant ses armes sculptées : 3 coquilles Saint-Jacques et une demie molette d’éperon.
Guillaume Gouges de Charpaigne poursuit son œuvre.

La fin du XVème siècle annonce la fin des beaux jours de la forteresse. Pierre d’Amboise fait construire la résidence épiscopale de Dissay qui est préférée à la châtellenie d’Angles.

A cela succèdent les guerres de religion, les protestants, avec à leur tête Coligny, pillent le château et l'abbaye Sainte-Croix avant d’être battus à Moncontour.

50 ans plus tard, les épreuves recommencent et les partisans de la Fronde prennent la forteresse qui est reconquise en 1652 par le duc de Roannez, gouverneur du Poitou pour Louis XIV. A cette époque, un «audit » est mené qui déclare la forteresse comme ruine.

Une autre expertise est commandée en 1708. La conclusion est la même et le parlement de Paris exempte les évêques de Poitiers de leur devoir d’entretien.

En 1792, la forteresse, en ruine, est tout de même confisquée et la commune décide de l’utiliser comme carrière de pierres. Mais l’accès étant tellement difficile et la demande peu importante, les ruines seront sauvées.

Au XIXème siècle, elle est transformée en parcelles cultivables. Les Anglois y entretiennent leur jardin.

En 1882, le château est acheté par le baron de Puynode, propriétaire du château des Certeaux. Sa veuve revend le château à la société des Antiquaires de l’ouest en 1921 qui le fait classer monument historique en 1926 avec l’Eglise Saint-Martin et les restes de l’abbaye Sainte-Croix.

La commune rachète la forteresse pour le franc symbolique en 1986 et s’emploie à sa sauvegarde depuis.

La chapelle Saint-Pierre
Elle a été érigée sur le point culminant de la falaise. Autour de la chapelle des restes d’une motte féodale sont encore visibles aujourd’hui.

La chapelle est séparée de la forteresse par la « tranchée des Anglais » : fissure naturelle aménagée par l’homme. La légende voudrait qu’après la défaite du roi Jean le Bon face aux anglais à Maupertuis, ces derniers soient arrivés à Angles pour s’emparer du château « en taillant ce passage dans le roc, en une nuit, afin de surprendre les gardes ». De même Bertrand Du Guesclin aurait repris le château aux anglais par ce passage.

La chapelle a été édifiée au XIIème siècle. L’actuel chœur de la chapelle présente une forme en quart de cercle car le chœur de la chapelle s’est effondré avec la falaise au XVème et fut reconstruit grossièrement en suivant le nouveau rebord.

Actuellement, elle abrite de nombreuses expositions et est l’un des points de vue les plus remarquables d’Angles.

L'abbaye et l'église Sainte-Croix
En rive gauche de l'Anglin, sous la protection du château, se trouve la Ville-Basse, berceau de l'abbaye Sainte-Croix. Fondée en 1080 par Isambert Ier, vers 1094, le pape Urbain II fait remplacer les moines bénédictins par des chanoines réguliers de l’ordre de Saint-Augustin, qui tiendront l’abbaye jusqu’à la Révolution.

Au XIIIe siècle, les religieux partagent leur temps entre prière et étude des arts. Comme tout centre important au Moyen-Âge, elle est dotée d'une aumônerie et d'une léproserie. À cette époque, le monastère s'étend tout autour de l'église jusqu'à la rivière. On voit encore de nos jours des contreforts, des portes ogivales, des fenêtres à meneaux, une tour d'angle, etc. Plus loin, le cimetière dit "de Ville-Basse" renferme une croix hosannière qui était utilisée lors de l'office des Rameaux.

La première pierre de l'église Sainte-Croix fut posée en 1175 par Guillaume Tempier, évêque de Poitiers, et consacrée en 1192 sous le règne de Philippe Auguste.
Très élancée, elle était composée d'un plan en croix, d'une nef et d'un transept sur lequel s'ouvraient une abside et le chœur. Elle s'étendait au-delà de la route actuelle et l'on peut encore apercevoir le pignon nord derrière les maisons.
L’abbaye s’enrichit vite de nombreux dons et d’échanges avec celle de la Merci-Dieu proche de La Roche Posay.

Mais à la fin de la guerre de cent ans, en 1428, les ressources ont tellement diminué qu’il ne subsiste que 10 moines au lieu de 24.

Les abbés s’y succèdent et à partir de la fin du XVIème siècle, Sainte-Croix devient une abbaye en « commende ».
Détruite en 1567 par les Calvinistes, une partie de la nef fut restaurée vers 1660 pour donner la chapelle actuelle.
En 1768, à la fin du règne de Louis XV, on dénombre encore 5 moines.

A la Révolution, les maisons des chanoines sont vendues comme biens nationaux à des particuliers, mais l’abbaye reste propriété de l’Etat et personne ne l’entretient.

En ruine, la route reliant Angles à Saint-Pierre de Maillé fut construite à travers les décombres en 1835.
La façade et les restes de l'église sont particulièrement remarquables par l'architecture de transition qui les caractérise. Ils annoncent le style gothique : portail à ogive surbaissée, élancement et importance des ouvertures, colonnettes délicatement sculptées, etc.
La chapelle Sainte-Croix accueille ponctuellement des expositions artistiques.

L'église Saint-Martin
Située au milieu d'un quartier de vieilles maisons sillonné de ruelles étroites, l'église Saint-Martin s'élève au cœur de la Ville-Haute, au-dessus d'un panorama exceptionnel qui domine en enfilade descendante la chapelle Saint-Pierre, le château sur sa façade est, le pont, l'Anglin et la chapelle Sainte-Croix.
L’église Saint-Martin est mentionnée dès 1090.
De style roman, elle est composée d'une nef, d'un transept au-dessus duquel s'élève le clocher, et d'une abside pour le chœur. Le clocher se présente sous la forme d'une tour carrée à deux étages percée de baies romanes. Un ensemble de trois colonnes avec chapiteaux ornés de feuillages habille les angles et sépare les fenêtres romanes.
Elle aussi a subi les incendies des Guerres de Religions, comme le laissent voir certaines pierres noircies. Une partie de la nef fut également endommagée par les Calvinistes. Le mur droit, plus mince que les autres et comportant porte et fenêtres en ogive, est d'une époque plus récente.
Le 5 mai 1657, elle fut frappée par la foudre. Gravement endommagée, on dut abaisser le clocher de deux mètres, donnant cet aspect trapu à la flèche.
L’église fut remaniée au XIX ème.
C'est ici que sont aujourd'hui célébrés les offices religieux du village.


Le cimetière de Ville basse
Il fut établi en 1343. Au centre se dresse une croix hosannière. Le jour des rameaux, les fidèles venaient en procession en chantant « hosanna », acclamation juive passée dans le vocabulaire chrétien signifiant « sauve-nous, je t’en prie ».
La Tranchée des Anglais
Entre le promontoire de la Chapelle Saint Pierre et le château s'ouvre une faille abrupte aménagée par la main de l'homme et rejoignant la rivière. Ce lieu mythique fut lié à la défense et à l'attaque du château durant son histoire mouvementée.
Le "Roc aux Sorciers"
Témoignage de la présence de l'homme il y a 14 000 ans, ce site magdalénien découvert en 1948, abrite l'un des plus beaux ensembles connus de frises sculptées en bas relief sur sa paroi représentant des bisons, des bouquetins, des chevaux et des félins, mais aussi trois femmes et une tête d'homme unique au monde. Le site original, protégé, ne se visite pas.
Le centre d'interprétation, accueillant deux copies de la frise magdalénienne sculptée, dont l'une autour d'un spectacle multimedia, est ouvert depuis le 21 mars 2008 à Angles sur l'Anglin.
  Le Terrier
Ancienne voie "roide", où circulaient autrefois charrettes, diligences et fardiers avant l'ouverture de la route actuelle en 1835.
  Le "Truchon"
Petit sentier abrupte reliant le bas du château et la rue du Four Banal, devenu escalier pour un usage plus commode.
La Cueille
Ruelle pavée piétonnière qui assure la communication entre ville haute et ville basse. Elle doit son nom probablement aux habitants qui cueillaient l’eau en bas de cette ruelle.
L'Arceau
Les caves situées au niveau de l’arceau servaient d’entrepôts pour le sel commercé lors des grandes foires d’Angles et pour le sel de contrebande. Son architecture est inspirée de celle des villes espagnoles (Sarragosse).
Les "Bottes"
Curieux passage taillé dans la roche, il était la première voie de communication entre la ville haute et la ville basse. On attribue les empreintes de bottes aux passages fréquents des soldats aux semelles ferrées.

Une légende se raconte également à ce sujet. Les Anglois, gens très pieux et dévoués à leur roi et évêque chassèrent Satan venu les convertir à sa dévotion. Satan, apeuré et en colère s’échappa par ce passage en brûlant la roche de ses bottes.

La "Huche Corne"
Actuellement une des plus belles vues panoramiques d’Angles, c’était autrefois un endroit stratégique pour les soldats qui pouvaient surveiller l’entrée d’ennemis par la ville basse. Hucher signifie appeler : les soldats huchaient dans une corne pour avertir la population de l’éventuelle arrivée d’assaillants.
Le pont
Un très vieux pont du Moyen Âge assurait la liaison ville basse – ville haute.

En 1740, les inondations et les glaces renversent les piliers du pont. Il est décidé de ne pas reconstruire le pont car trop coûteux. Un bac est installé.

Ce n’est qu’entre 1842 et 1845 qu’est enfin construit un nouveau pont qui rejoint la ville haute à la nouvelle route de Maillé construite en 1835 au travers des ruines de l’abbaye Sainte-Croix. Le pont actuel sera achevé après la première guerre mondiale.

La Place
La ville d’Angles était entourée de remparts. On y accédait par des portes fortifiées. La porte Blancoise barrait la route du Blanc. La porte Saint-Lazare celle de Vicq et la porte Gimon celle de Maillé.

Au XVIIème siècle, une halle était située sur l’actuelle place centrale. La halle était le siège des marchés ordinaires.

Angles est également une petite place judiciaire, on y trouve des greffiers, sergents et procureurs.

La place a gardé le même caractère depuis le XIXème siècle. Les maisons qui l’entourent servaient autrefois d’ouvroir où les femmes venaient faire des Jours d’Angles.

Le monument aux morts qui date de 1926 a été sculpté par Aimé Octobre, né à Angles en 1868, grand sculpteur récompensé au grand prix de Rome en 1893.

Les moulins
Le moulin situé au bout du pont au pied de la forteresse était en fait le moulin de l’abbaye réservé à l’usage des moines et des habitants de Sainte-Croix. C’est le moulin de Remerle qui était le moulin banal (communal).

A la Révolution, il fut vendu aux enchères comme bien du Clergé. Il eut plusieurs propriétaires et plusieurs
fonctions : scierie, meule à grain… Il cessa toute activité vers 1968 et est aujourd’hui une résidence secondaire.

Un troisième moulin est situé en amont : le moulin du Pré.

Le pigeonnier du château des Certeaux
Visible d'un des nombreux sentiers de randonnée sillonnant Angles et ses environs, ce pigeonnier du XVII° siècle conserve encore une partie de ses boulins.

 


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